OBIT, OBIIT, OBITUAIRE, CATAFALQUE : DEFINITIONS


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Blog d'O. Nolet de Brauwere, Artiste-peintre,
Héraldiste et Décorateur
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Catafalque (Littré) "n. m. Estrade élevée, par honneur, au milieu d'une église, pour recevoir le cercueil ou la représentation d'un mort. "La mort a prêté le catafalque d'un empereur romain à la dépouille d'un Tartare". [Chateaubriand, Le génie du christianisme, ou Les beautés de la religion chrétienne]".


Obit (Nouveau Larousse Universel, 1949) "[bit'] n. m. (du lat. obitus, mort). Service anniversaire fondé pour le repos de l'âme d'un défunt. Honoraires payés à un prêtre pour la célébration du service funèbre. Chapelle fondée pour la célébration perpétuelle d'une messe anniversaire".


Obit (Petit Robert, 1986) "n. m. (1238; "trépas", XIIe ; lat. obitus, de obire "mourir"). Liturg. cathol. Service religieux célébré au bénéfice de l'âme d'un défunt, généralement au jour anniversaire de sa mort. Des obits".


Obit (Littré) "[o-bit'] n. m. Au pl. Des obits. Terme de liturgie catholique. Nom donné, dans plusieurs églises, aux messes anniversaires qui se disent pour les morts. Fonder, dire, chanter un obit. L'émolument produit par l'obit".


Obit (Bibliothèque sacrée, tome XVII (Révérends Pères Richard et Giraud, Paris, 1824. p. 147) "1. anniversaire, obitusanniversarium, messe fondée qu'on dit  pour un défunt tous les ans à pareil jour de sa mort. Le plus ancien obit de France est celui du roi Childebert, qui était fondé en l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés à Paris, et qui se disait la veille de Saint-Thomas. Il y avait des obits où l'on distribuait de l'argent, et d'autres où l'on distribuait du pain, du sel, etc. Il y avait à Notre-Dame de Paris un obit qu'on nommait salé, à cause qu'on y faisait la distribution de sel. A Notre-Dame de Rouen, il y avait trois obits qui se disaient le 15 janvier, le 23 juin et le 11 juillet, auxquels assistaient trente chanoinesses. C'est le nom qu'on donnait à ntrente filles ou veuves qui possédait des prébendes qu'on nommait les trente prébendes de saint Romain (Moléon, Voyage liturg. p. 374) ; Obit 2. On entend aussi quelquefois par obit, une chapelle ou chapellenie à titre de bénéfice, quelquefois une simple fondation de messes ou de prières, sans désignation ou nomination du chapelain, et quelquefois l'émolument même qu'il produit, comme on disait que les obits et fondations ne s'imputaient pas à la congrue d'un curé, ou ne se réduisaient pas en distributions manuelles dans un chapitre".



Obits et fondations pieuses. – La charité, la reconnaissance et la justice faisaient souvent une obligation aux moines de Saint-Lucien de réciter des prières et de célébrer des offices pour le repos des âmes de leurs bienfaiteurs. La plupart du temps c’était l’office des morts, avec nocturnes et messe, qui se disait au jour anniversaire de la mort du bienfaiteur, d’où le nom d’Obit (in die obitùs) donné à ces prières. Un tableau ou un catalogue en forme de registre, appelé Obituaire, portait inscrits la date et le motif de chacun de ces obits, avec l’indication de la solennité qu’on devait lui donner ». Source : Mémoires, Société Académique d’Archéologie, Sciences et Arts du Département de l’Oise, Beauvais, Section d’archéologie et d’Histoire, Histoire de l’abbaye royale de Saint-Lucien, Constitution, rites et coutumes, p. 669.

Obituaire (Littré) "[o-bi-tu-ê-r'] adj. m. Registre obituaire, ou, substantivement, un obituaire, registre où l'on écrit les noms des morts, le jour de leur sépulture, la fondation des obits, etc".


Obituaire (Petit Robert, 1986) "adj. m. et n. m. (Obitaire, XIVe ; lat. médiév. obituarius, de obitus "mort"). Relig. cathol. 1° Adj. Relatif au décès. V. Mortuaire. Registre obituaire, donnant la liste des morts pour lesquels a été célébré un service funèbre. 2° Registre obituaire d'une abbaye ; livre liturgique contenant les obits fondés".


Obituaire (Révérends Pères Richard et Giraud, Paris, 1824. p. 147) "1. se dit du livre où l'on écrit la fondation des obits, et des registres où l'on écrit le nom des morts et le jour de leur sépulture ; Obituaire 2. Obituarius, bénéficier pourvu d'un bénéfice vacant par mort ou per obitum. Quand deux obituaires étaient pourvus du même bénéfice en cour de Rome, les contestations qui s'élevaient entre eux pour être maintenus, se décidaient par la règle, qui prior tempore, potior jure (celui qui est le premier dans le temps en droit l'emporte) : ainsi le premier pourvu devait être maintenu. Il en était autrement des bénéfices vacans par mort, auxquels des patrons laïcs avaient présenté : c'était la date de l'institution canonique qui devait opérer la maintenue (V. Patron). 

   Un simple Obituaire de cour de Rome n'était pas partie capable pour reprocher au pourvu d'un bénéfice qui en jouissait depuis un an, les défauts qui pouvaient se rencontrer dans les titres de ce pourvu : il fallait que les provisions de l'Obituaire continssent la clause de dévolu. (Voyez le commentaire de Du Moulin sur la règle de annali possessore ... M. Denisart, Collect. de Jurisp., au mot Obituaires)".

La tradition des obits


L'origine : à l'origine, les familles des chevaliers défunts faisaient suspendre le heaume et le bouclier aux murs de l'église, quand on ne déposait pas carrément toute l'armure comme cela a été vu en Italie. Ces armements devenus obsolètes, les boucliers avant les heaumes, la mémoire des aïeux a continué à être célébrée sous la forme de peintures représentant les armoiries familiales : le heaume et ses lambrequins, l'écu et le baudrier, le cri et la couronne, les supports ou les tenants. 


On célébrait chaque année l'obit du défunt, c'est-à-dire une messe à sa mémoire. On en trouve d'innombrables mentions dans les registres paroissiaux car ces messes étaient une source de revenu pour l'Eglise. Les tableaux armoriés suspendus aux murs des églises et des chapelles témoignent encore de l'existence de ce rite.

Les obits sont donc aussi des représentations d'armoiries dont le fond est généralement de couleur sombre, peintes depuis le XVIIe siècle sur des panneaux carrés posés sur leur pointe, indiquant l'année de décès et, parfois, de naissance. On trouve des obits nobles avec couronne de noblesse et des obits non-nobles avec bourrelet, quoique avant 1830, on utilisait couronnes et bourrelets indifféremment. 


Obiit en revanche est le verbe latin "obire" conjugué. Il est le verbe mourir conjugué à la 3e personne du parfait en latin et signifie "Il mourut", anciemment "Trépasse". Plus la ou les dates. L'artiste peint un obit et y peint au sommet "Obiit". Le terme "Obiit" n'est repris dans aucun des dictionnaires ci-dessus.


Un obit armorié nous dit ceci : "Un tel mourut le ...". Un obit est l'une des manières délicates de célébrer la mémoire d'un défunt. Les obits sont également un élément de prestige, surtout lorsqu'ils sont nombreux et anciens. Sans l'inscription "Obiit" et sans les dates, l'objet devient purement décoratif.


Les armoiries sont peintes sur un fond blanc lorsqu'ils sont réalisés pour une demoiselle décédée jeune (et de fait non mariée). Nous avons, nous, pour habitude d'ajouter un nom au verso, et un lien de parenté : fils d'un tel, époux d'une telle. Certains clients nous demande de peindre des objets auxquels le défunt tenait, ou des éléments symboliques des fonctions qu'il occupait (une écharpe de bourgmestre, un chien de chasse, une églantine, un edelweiss, etc). 


Nous trouvons ce qui ressemble à des obits de chevaliers de la Toison d'or peints vers 1559 sur des panneaux rectangulaires, assemblés en triptyque, indiquant en caractères gothiques noms et titres des personnages pour finir dans plusieurs cas par : "trépasse", le tout dans une unité de style et un raffinement remarquable, chaque panneau faisant 100 x 60 cm. La mention "Obiit" n'apparaît pas. Il ne s'agissait pas d'obits à proprement parler mais d'un témoignage des chevaliers membres de la Toison d'or à ce moment, dont certains étaient décédés, d'autres non. En revanche, nous trouvons un obit de 1519 en haut-relief sur bois : "Obiit 12 JAN 1519" : 125 x 54 cm.

Il existe un exemple d'obit rectangulaire dans la famille de Neve de Roden en 1614. Le fond noir n'est pas une obligation absolue ; il n'y a pas de loi (excepté les règles héraldiques), il n'y a que des coutumes non contraignantes. Certains fonds étaient beiges, d'autres bruns. Entourer des armoiries de fleurs et d'oiseaux, de papillons, de feuilles d'acanthe sur fond rose dans le style Renaissance n'est pas interdit non plus. Sur certains obits, on trouve aussi 4, 8 ou 16 quartiers peints sur les bords du panneau. Les cadres eux-mêmes peuvent être peints (voir plus bas). Apparemment; la tradition précède celle de peindre les dates et l'inscription "Obiit" sur les tableaux.

Un obit est un objet totalement individuel, on ne le récupère pas. Pour l'époux, on peint les armes sans celles de son épouse, ce sont les armoiries familiales. Pour l'épouse, on peint des armoiries d'alliance. Quant aux dimensions, de petits obits de 40 cm de côté sont possibles. Ils peuvent ensuite orner un intérieur, un couloir, une chapelle. On en trouve de toutes les tailles à vrai dire, jusqu'à un mètre carré et plus, comme ceux que l'on peut voir en l'église Saint Jacques-sur-Coudenberg à Bruxelles, paroisse royale et cathédrale du diocèse aux Forces Armées belges
. Il est aussi possible de se faire faire un tableau héraldique qui, lui, sera converti en obit le moment venu. Figer une tradition finit par la faire mourir.


On a un jour prétendu nous persuader que les obits devaient être faits à la va-vite, "par tradition" pour être vus de loin (donc "moins chers" alors que ça n'a pas grand-chose à voir) ou que les couleur devaient être vieillies. C'est exactement la conclusion inverse qui s'impose sur le terrain. Un obit, suspendu à 6 ou 8 mètres, peint avec netteté en couleurs bien tranchées est bien identifiable, au contraire des autres. Il embellit les lieux. Le problème est que cela justifie de mauvais travaux que de mauvais artistes vous font payer bien cher. Nous prétendons, nous, que pour s'assurer d'avoir un bel obit, mieux vaut s'y prendre à l'avance. Dépenser 1000 ou 2000 € pour un tableau mal réussi peint en 3 heures n'est pas une bonne idée, et le prix, lui, n'est la garantie de rien. Peindre un obit de 80 cm de côté en 2 jours 1/2 me met sur le flanc pour deux semaines. Pourquoi bâcler ? Les clients qui commandent à l'avance se rendent et nous rendent service. Nous peignons également des obits de 40 x 40 cm sans inscription, sauf si vous possédez une chapelle ou perpétuez une tradition locale qui impose des obits plus grands. Un petit obit placé entre quatre grands, c'est très joli.

Les quartiers : certaines familles font peindre leurs quartiers dans les marges, en bannière, c'est-à-dire dans des blasons rectangulaires : 4, 8, 16, comme on veut.


Les obits de cierges : ils sont carrés et sont suspendus par l'un des coins aux 4 cierges disposés autour du cercueil (cette tradition n'est plus beaucoup suivie) mais nous en avons réalisés quelques-uns. Pour qui veut créer une ambiance de recueillement, de ce que la mort comporte de mystères, pour dire au défunt l'importance qu'il avait pour nous, c'est une belle tradition.


Un obit, c'est du snobisme ? Ce serait une vue de l'esprit puisque les armoiries sont une représentation du nom. Un obit est une représentation héraldique du nom que le défunt portait. C'est une manière touchante et élégante de lui dire "Merci" et "Adieu". Les objets représentés symbolisent volontiers "celui qui a combattu" pour l'excellence, ou pour la survie, en tenant à la devise qu'il partageait avec les siens. Et, comme abordé plus haut, un obit de 40 x 40 cm est indiqué si l'on craint de donner l'impression d'en faire un peu trop. Pour moi, ça revient à poser la question de savoir si l'on préfère être baptisé, se marier et mourir dans une chapelle en béton tagué ou une dans une chapelle romane en forêt. Un obit, c'est beau, ce n'est pas du snobisme.

Obit ou représentation héraldique décorative ? Quand "Obiit" et les dates ont été peints, on est certain d'avoir à faire à un obit. Personnellement, j'aime les fonds noirs qui créent un contraste puisque le noir ne doit pas être considéré comme une couleur. Le noir symbolise évidemment le deuil mais c'est une teinte à laquelle on ne prête pas attention. Pour moi, un obit n'est jamais lugubre. On peut également faire peindre ses armoiries sur une patine imitant le parchemin. 




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